Plus d’exclusivité, de calme, un retour aux sources et à la nature… Voilà ce que les années post-Covid promettaient comme idéal du voyage. Mais à la montagne, la réalité est un peu différente : les valeurs sûres sont toujours là. Il faut dire que “la neige” reste avant tout la destination familiale par excellence : à la fois dépaysante, chaleureuse, authentique mais surtout très ancrée dans la tradition. “Les habitudes jouent un grand rôle”, confirme Kevin Bruhier Le Tallec, fondateur de KBLT Travel, jeune agence de voyage spécialisée dans les excursions sur mesure. “Quand on a été élevé en France, on a souvent été habitués aux Alpes, alors il y a une part de nostalgie qui entre en jeu.” Et puis la région dispose évidemment d’un magnifique réseau constitué de stations historiques qui savent se renouveler. Alors, pourquoi chercher son bonheur ailleurs ?
“En France, les grosses stations absorbent tout le flux de touristes mais restent toujours hyper dynamiques”, ajoute Kevin Bruhier Le Tallec. Restaurants étoilés et hôtels de luxe continuent d’y ouvrir chaque saison, renforçant l’attractivité d’une montagne qui ne se limite plus aux seuls sports d’hiver et s’adapte aux aspirations actuelles du public. Un exemple parmi tant d’autres : l’arrivée d’Aman à Courchevel, il y a quelques années. Référence des séjours bien-être ultra haut de gamme, la marque attire une clientèle en quête de calme et illustre sans doute l’essor du tourisme “wellness” même au cœur des Alpes françaises.
La chaîne de montagne la plus prisée d’Europe reste d’ailleurs une valeur refuge des vacances d’hiver, tout particulièrement dans le secteur du luxe. Sur les 31 palaces que l’Hexagone compte, cinq sont situés à Courchevel (seul Paris en compte davantage) et ont tous développé des services beauté high-tech et des prestations parfois axées sur la longévité, pour rester en phase avec les nouveaux usages.
Ce n’est pas tant le prix qui empêche les Français de glisser vers d’autres horizons, que ce soit ceux proposés par la Suisse ou l’Autriche, mais sans aucun doute l’attachement à leurs stations, à leur langue, et très certainement l’accessibilité. Pour rallier Kitzbühel, par exemple, comptez près de deux heures de route après un atterrissage à Munich ou Salzbourg. L’Autriche a pourtant un ADN plus sportif et plus brut, moins bling-bling que Courchevel ou Megève, ce qui peut séduire les puristes et les intrépides. L’Italie, elle, peut s’enorgueillir d’accueillir, non loin de sa frontière avec l’Autriche, les paysages des Dolomites, classés au patrimoine mondial de l’UNESCO.
De quoi allier découvertes et sensations fortes mais aussi personnaliser davantage ses vacances. “J’essaie d’orienter ma clientèle vers ces destinations-là, car on y trouve des hôtels sublimes à tous niveaux de prix”, s’enthousiasme Kevin Bruhier Le Tallec. Il souligne par ailleurs qu’on ne rencontre pas que des établissements ultra exclusifs mais aussi une flopée de nouveaux hôtels-boutiques aussi chaleureux que parfaitement accessibles. Ne reste plus qu’à calculer son budget, et à se montrer un peu moins patriote au moment de choisir sa destination.