"UN POSSIBLE RISQUE CANCéRIGèNE" : CES 4 PARFUMS POPULAIRES SONT DéCONSEILLéS PAR 60 MILLIONS DE CONSOMMATEURS

En 2019, 60 Millions de consommateurs a passé au crible 16 parfums de luxe vendus en Europe et mis en garde contre 4 références phares jugées problématiques. Allergènes, perturbateurs endocriniens, colorants CMR : que signifient vraiment ces signaux pour vos flacons du quotidien ?

Parfums et risque cancérigène : pourquoi 60 Millions de consommateurs alerte

Idée cadeau fétiche à Noël comme pour la fête des mères, le parfum reste un incontournable. Mais une enquête de 60 Millions de consommateurs, publiée en 2019, a mis en lumière des compositions mêlant allergènes fréquents, perturbateurs endocriniens suspectés et colorants CMR. Le magazine de l’Institut national de la consommation a passé au crible 16 références iconiques, avec un constat récurrent : une moyenne de 22 allergènes par flacon et des substances associées à un risque cancérigène au sens réglementaire. Dans le viseur, des ingrédients très courants dans la parfumerie, parfois cumulés au sein d’une même formule. Ce faisceau d’indices a conduit la rédaction à déconseiller certains best-sellers.

Ce qui ressort, ce n’est pas un cas isolé mais un schéma récurrent : linalol et limonène, connus pour leur potentiel allergisant, le BHT utilisé comme antioxydant, et des colorants classés ou suspectés CMR. L’exposition dépend évidemment de la dose et de la fréquence d’usage, mais l’addition des sources parfumées du quotidien peut peser dans la balance. D’où l’avertissement publié pour guider les achats, en particulier pour les publics sensibles. La question demeure.

Quels sont les 4 parfums déconseillés par 60 Millions de consommateurs

Dans ce test, quatre références emblématiques ont été épinglées pour la combinaison d’allergènes et d’ingrédients jugés préoccupants : J’adore (Dior), Angel (Mugler), Flower by Kenzo (Kenzo) et Le Mâle (Jean‑Paul Gaultier). Selon 60 Millions de consommateurs, ces parfums présentaient un nombre notable d’allergènes, la présence de BHT et, pour certaines versions, de colorants CMR. À l’inverse, d’autres succès comme Coco Mademoiselle de Chanel ou Black Opium d’Yves Saint Laurent se sont mieux démarqués sur la composition, tout en contenant encore quelques sensibilisants forts.

Précision utile : cette alerte se réfère aux compositions analysées en décembre 2019. Depuis, certaines formules ont pu être reformulé en Europe, notamment à cause de l’interdiction du Lilial (butylphényl méthylpropional) entrée en vigueur le 1er mars 2022 dans les cosmétiques vendus dans l’Union européenne. Cela ne change pas tout pour autant : le BHT ou certains colorants restent autorisés et sous surveillance, et d’anciens flacons achetés avant 2022 ou hors UE peuvent encore circuler. Un rapide coup d’œil à l’étiquetage aide à repérer linalol, limonène, BHT ou butylphenyl methylpropional.

Substances en cause, test de 2019 et ce qui a évolué depuis 2022

Le test a porté sur 16 parfums de luxe, dont 6 eaux de toilette pour hommes et 10 eaux de parfum pour femmes, avec en moyenne 22 allergènes détectés par référence. Parmi les plus fréquents, le linalol et le limonène apparaissaient dans quasiment tous les flacons. L’attention s’est aussi portée sur des composés suspectés perturbateurs endocriniens, comme le BHT, et sur des colorants CMR associés à des risques de cancer, de mutations génétiques ou de toxicité pour la reproduction selon les classifications européennes. On parle ici de risque au sens réglementaire, pas d’un lien de causalité directe prouvé chez l’humain pour un parfum pris isolément.

Cas emblématique, le Lilial a été classé CMR 1B au niveau européen puis interdit dans les cosmétiques vendus dans l’UE à partir du 1er mars 2022. Concrètement, les versions commercialisées aujourd’hui sur le marché européen ne devraient plus contenir ce composé, même si des stocks anciens ou des importations peuvent persister. Reste la question d’autres ingrédients comme le BHT, encore autorisé, et la palette d’allergènes qui composent la signature olfactive des jus. Le niveau d’exposition réel dépend du nombre de pulvérisations, des zones d’application et du cumul avec d’autres produits parfumés utilisés au quotidien.

Comment choisir ou utiliser un parfum sans s’exposer inutilement ?

Premier réflexe, privilégier l’achat dans le circuit européen et lire l’étiquette : la liste INCI permet d’identifier linalol, limonène, BHT ou butylphenyl methylpropional. Pour un flacon ancien, demander la fiche de composition la plus récente au service consommateurs ou vérifier les mentions réglementaires sur le carton peut éclairer. Les outils de notation comme le Cosméto‑Score de 60 Millions de consommateurs ou certaines applis d’analyse d’ingrédients peuvent compléter l’information, sans se substituer à un avis médical en cas d’antécédents allergiques.

Côté usage, mieux vaut limiter les pulvérisations, éviter la peau irritée, cibler plutôt les vêtements et aérer la pièce après application. Les personnes à terrain allergique, les femmes enceintes et les jeunes enfants sont les plus concernés par une approche prudente. Un dernier point pratique : si vous possédez l’un des 4 parfums déconseillés par 60 Millions de consommateurs dans une version antérieure à 2022, il est pertinent de vérifier sa date d’achat ou son origine géographique. L’objectif n’est pas de renoncer au plaisir olfactif, mais d’arbitrer avec des informations claires et à jour.

2025-11-29T11:09:11Z