La solitude et le stress chez les jeunes adultes sont de plus en plus reconnus comme des problèmes de santé mentale majeurs. D'après PsyPost, selon une étude publiée dans Psychological Reports, certains traits psychologiques favorisant la solitude jouent un rôle central dans ces expériences. Les chercheurs ont constaté que les jeunes adultes touchés par la solitude ont tendance à se retirer des situations sociales. Surtout après des événements stressants de la vie. Cette approche apporte un éclairage nouveau sur les facteurs internes qui transforment la solitude en état chronique. Et suggère que les thérapies cognitives ciblant ces traits pourraient être plus efficaces que les interventions sociales traditionnelles.
Les auteurs expliquent que la solitude n’est pas seulement une question de contacts sociaux insuffisants. Mais aussi un déséquilibre entre les relations existantes et celles souhaitées. Bien que tout le monde puisse ressentir la solitude à l’occasion, pour certains, elle devient persistante et néfaste. La solitude sociale, en particulier, reflète le manque de sentiment d’appartenance à un groupe ou à une communauté significative. Contrairement à la solitude émotionnelle, qui découle de l’absence d’un lien proche, elle traduit une déconnexion sociale plus large. Les chercheurs ont mené cette étude en réponse à la hausse préoccupante de la solitude chez les jeunes adultes. Accentuée depuis la pandémie de COVID-19.
L’étude a examiné quatre traits psychologiques clés : le style d’attachement, la régulation émotionnelle, le névrosisme et la clarté du concept de soi. Les comportements d’adaptation, comme le retrait social et l’ignorance des problèmes, ont également été analysés. Les résultats montrent qu’un attachement sécurisé protège contre la solitude sociale. Tandis que l’attachement anxieux, un niveau élevé de névrosisme et un concept de soi peu clair augmentent la probabilité de se sentir isolé. Ces trois traits expliquent une part importante des variations dans la perception de la solitude chez les participants.
Parallèlement, le retrait social et d’autres comportements de coping ont fortement favorisé la solitude. Les individus qui évitent ou se replient émotionnellement sur eux-mêmes déclarent des niveaux plus élevés de solitude sociale. Surtout après des changements majeurs comme un déménagement ou la perte d’un proche. À l’inverse, l’ignorance des problèmes n’a pas eu d’impact significatif. Ces résultats soulignent que la solitude dépend autant de la manière dont une personne gère ses émotions et ses relations que de sa situation sociale réelle.
Les chercheurs rappellent que les facteurs démographiques tels que le sexe, le revenu ou l’état civil n’influencent pas significativement le lien entre traits psychologiques et solitude. Cela suggère que la solitude sociale est largement déterminée par les dispositions internes plutôt que par les circonstances externes. Mark Facey, auteur principal, souligne que "la solitude n’a pas été efficacement traitée par des méthodes externes. La thérapie doit viser les processus internes : l’insécurité, la suppression des émotions et le névrosisme."
Enfin, la solitude chronique peut entraîner des conséquences graves, notamment la dépression, l’addiction et le risque suicidaire. L’étude insiste sur l’importance d’une prise en charge adaptée et précoce. En privilégiant des approches psychothérapeutiques ciblant les traits psychologiques identifiés. Même si l’échantillon de 96 étudiants en psychologie est restreint, la recherche révèle un aperçu précieux des mécanismes internes de la solitude.
2025-11-30T21:05:41Z