SEPTEMBRE BOUGE : AU CHU DE GRENOBLE, L’ACTIVITé PHYSIQUE ADAPTéE COMME ALLIéE DE LA SANTé

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Blouse blanche sur le dos, flyers sous le bras, ce mercredi Marie Coudurier a une mission : parcourir l’hôpital nord de Grenoble pour « Septembre Bouge ». Pneumologue à l'hôpital Sud de Grenoble, c’est sur ses épaules que repose une partie du challenge mis en place à l’échelle du pays. Son objectif du jour, c’est donc d’aller convaincre patients et médecins des bienfaits de l’activité physique sur la santé des malades chroniques, personnes âgées et sédentaires. Elle approche les patients et les médecins un par un, avec le même discours qui promeut l’activité physique.

La professionnelle de santé échange des regards complices avec Marie Guillard qui, elle, est enseignante en activité physique adaptée. “Les enseignants en activité physique ne sont pas reconnus professionnels de santé mais ils devraient le devenir”, explique-t-elle.

Pour les patients, il ne s’agit pas de faire un marathon, mais de garder le corps en mouvement. Septembre Bouge propose des dispositifs axés sur l'activité physique adaptée (APA) pour encourager chacun à bouger 30 minutes par jour. Marie Coudurier le rappelle : “L’activité physique est un moyen de se soigner et de supporter la maladie”.

Guider dans la reprise de l’activité physique

Avec ses collègues, Marie Guillard travaille dans des salles de sport un peu spéciales. Elle accompagne les personnes qui le souhaitent dans l’utilisation de machines de musculation. Car la découverte de ces dernières n’est pas toujours une partie de plaisir.

Elisabeth a des problèmes pulmonaires et découvre le tapis de marche, le rameur, ou encore le banc de musculation d’abord à reculons. Ce sont les enseignants qui font toute la différence, selon elle : “Là, c’est différent d’une salle de sport classique, on est accompagnés !” Le dispositif est aussi présent dans des maisons sport-santé, qui proposent des ateliers d’initiation.

La douleur comme principal obstacle

La docteure nous guide vers la chambre numéro 3. Assis sur son lit, un homme d’une soixante-dizaine d’années, une bonbonne d’oxygène à ses pieds. Il explique souffrir de douleurs articulaires. “Même faire les courses, c’est trop dur”, confie-t-il, fatigué. “Je n’arriverai même pas à la soulever si elle était remplie”, dit-il en pointant une carafe à côté de lui.

La docteure répond, comme elle l’a fait déjà plusieurs fois aujourd’hui, qu’il existe des lieux d’accompagnement. Toujours avec pédagogie, elle lui apprend qu’une Maison Sport Santé est ouverte près de chez lui. Un flyer lui est tendu et il conclut sobrement : “Je vais peut-être aller voir”, avec un sourire en coin. Mission accomplie.

La visite continue. Cette fois, c’est un autre patient, en train de manger paisiblement dans sa chambre. Il souffre de diabète depuis des années. “J’essaye de faire un peu de montagne quand je peux, ainsi que du vélo”, commente-il. La médecin est agréablement surprise : “dans ce cas, l’activité physique permet un équilibre glycémique, c’est exactement ce qu’on vise”.

Une pratique pas encore normalisée dans le milieu

Plus tard, la praticienne va à la rencontre de confrères et consœurs et nous confie la difficulté de démocratiser les prescriptions pour de l’activité physique, même si elle a été introduite en France en 2017. Elle se confie sur les difficultés rencontrées dans la popularisation de cette pratique. “On ne nous apprend pas ça sur les bancs de la fac de médecine, c’est dommage.” Et ce n’est pas ses collègues qui vont la contredire : “J’en fais rarement des ordonnances”, avoue un cardiologue rencontré ce jour-là.

Alors que 28 % des adultes passent plus de 7 heures par jour assis, selon une étude de Santé Publique France, populariser l’activité physique permettrait d’améliorer la santé des français sur le long terme, mais aussi de participer au bien-être psychique de ces derniers.

2026-09-30T14:10:46Z