Calories, sucres ajoutés, protéines, sel, nitrites... L'association 60 Millions de consommateurs a passé au crible une quinzaine de références de jambon blanc vendues au supermarché pour vous aider à vous y retrouver.
Avec une moyenne de 30 kilos par habitant par an, les Français sont de grands consommateurs de charcuterie, et surtout de jambon cuit (ou blanc). Car s’il nous semble souvent plus sain que le saucisson ou le pâté, le jambon n’en demeure pas moins une charcuterie.
Or cette dernière est mauvaise pour la santé. Elle est classée comme cancérogène certain, et, par sa forte teneur en sel et en graisses saturées, contribue aux maladies cardiovasculaires (hypertension artérielle, excès de mauvais cholestérol LDL, athérosclérose…).
Sans compter le rôle néfaste des nitrites. Utilisés pour la conservation et la couleur des produits, ces additifs sont associés à un risque majoré de cancer colorectal, de diabète de type 2 ou encore d'hypertension, selon des études de l'Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae) et l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm).
L’Europe ayant fixé une dose maximale autorisée de 120 mg/kg de viande pour le jambon d’ici 2028 et de plus en plus de produits se présentant sans nitrites ou proposant des alternatives végétales, l’association 60 Millions de consommateurs a décidé de mener l’enquête.
Résultats ? La composition des produits laisse globalement à désirer. Deux champions tirent cependant leur épingle du lot : le jambon cuit supérieur Tradilège de Marque repère ou le jambon végétal nature La Vie.
En analysant une quinzaine de produits, les chercheurs n’ont pas ou peu détecté de nitrites. Exception faite de la référence Saint Alby de Lidl avec ou sans nitrite où ils en ont repéré 6 mg/kg maximum.
Le panel « ne contient que des produits de marques nationales et de distributeurs fabriqués en laboratoires industriels : ils sont équipés pour limiter au maximum le risque de contamination bactériologique du jambon, même en ajoutant peu de nitrites », explique 60 millions de consommateurs.
Mais au-delà des nitrites, près de la moitié des jambons analysés comportent entre 8,8 et 12,9 mg/kg de nitrates. Ces derniers peuvent être naturellement présents dans la viande ou ajoutés comme additifs pour compléter le rôle des nitrites. On en retrouve par exemple dans les jambons sans nitrites de Fleury Michon et Herta.
« En achetant ces produits 'sans nitrites ajoutés' [mais avec du bouillon de légumes], le consommateur est donc exposé aux nitrites et aux risques associés », explique l'Anses.
Concernant la composition des produits testés, la viande arrive systématiquement en première position, ce qui est un bon point. Elle est suivie de sel ou d’eau, seule ou avec un bouillon.
Pour le reste, en fonction des références, on retrouve du sucre, des plantes aromatiques, des arômes naturels, du gras, de la couenne et un additif ou plus. Dans le détail, sept jambons ne comptent qu’un seul additif, tandis que le produit Pouce d’Auchan, dernier du classement, en comporte quatre.
Pour ce qui est des protéines, à l’exception des références Monoprix Bio et Pouce, tous les produits en contiennent 20 à 22 grammes pour 100 grammes de jambon. « L'apport nutritionnel conseillé en protéines étant de 0,83 gramme par kg par jour pour un adulte en bonne santé, une personne pesant 60 kg aurait, théoriquement, son compte de protéines animales avec environ trois tranches de jambon », se félicite l’association.
On observe également du positif au niveau calorique. Avec 114 calories pour 100 grammes en moyenne, les jambons cuits sont des produits raisonnables. De même pour la teneur en acides gras saturés où le maximum est de 1,8 gramme pour 100 grammes.
Le point faible majeur des références analysées ? La teneur en sel du jambon. D’après les résultats de l’enquête, 12 affichent 1,9 à 2 grammes de sel pour 100 grammes. « C'est trop. Avec une tranche de jambon, on ingère déjà un sixième de la dose de sel préconisée par les autorités sanitaires (5 grammes par jour) », épingle 60 Millions.
Dans la catégorie des versions végétales, les experts notent de très fortes disparités. Avec respectivement 250 et 268 calories pour 100 grammes, Wheaty et BezMiesny sont par exemple deux fois plus caloriques que les La Vie, Heura et HappyVore.
Les jambons végétaux sont par ailleurs eux aussi trop salés, avec une fourchette allant de 1,3 à 1,8 gramme pour 100 grammes. Ne dépassant pas les 6 grammes de fibres pour 100 grammes, ils ne peuvent pas non plus s’afficher comme « riches en fibres ». Pour ce qui est des protéines, seul BezMiesny se distingue franchement (28 grammes) pouvant ainsi être plus intéressant que le jambon carné.
Concernant la composition des produits, les listes d’ingrédients sont longues. On en compte ainsi 16 pour Fleury Michon et BezMiesny et 12 pour les autres (à l’exception de La Vie), dont des additifs.
Pour un jambon de porc, préférez une liste d’ingrédients courte, avec une majorité de viande, peu de sucres ajoutés et une teneur en sel inférieure à 2 grammes pour 100 grammes si possible. Mais attention, quoi qu’il en soit, le jambon reste une charcuterie et est donc à consommer avec modération dans le cadre d’une alimentation variée et équilibrée.
Pour un jambon végétal, regardez en priorité la quantité de protéines, très variable d’une référence à l’autre donc. Privilégiez un produit à base de protéines de soja, de pois ou de blé tout en surveillant sel, graisses saturées et longueur de la liste d’ingrédients.
2026-10-01T13:23:05Z