PILULE, STéRILET OU IMPLANT : QUELLE CONTRACEPTION GéNèRE LE MOINS DE DéCHETS SELON CETTE NOUVELLE éTUDE ?

Une pilule, un stérilet ou un implant ne changent pas seulement la façon d’éviter une grossesse. D’après un modèle mathématique mené au Brésil, le choix de la contraception pourrait aussi s’accompagner de très fortes différences dans le nombre de protections menstruelles utilisées chaque année.

Publiée dans l’International Journal of Gynecology & Obstetrics, l’étude compare les déchets liés aux emballages contraceptifs et aux serviettes hygiéniques chez les utilisatrices de plusieurs méthodes. Entre les deux valeurs extrêmes du modèle, l’écart dépasse 255 serviettes par personne et par an. Mais derrière ce chiffre spectaculaire se cache une méthodologie qui mérite d’être regardée de près.

Des chercheurs ont comparé l’implant, le DIU hormonal, le stérilet au cuivre et la pilule sous un angle inhabituel : la quantité annuelle d’emballages et de protections menstruelles jetées.

Implant, DIU hormonal ou stérilet au cuivre, des écarts très marqués

Les chercheurs de l’université de Campinas ont construit leur modèle à partir de données portant sur 169 097 utilisatrices d’un DIU au cuivre, 69 601 utilisatrices d’un DIU hormonal au lévonorgestrel et 4 857 utilisatrices d’un implant contraceptif à l’étonogestrel. Ils ont ajouté à la comparaison une cohorte théorique de 100 000 utilisatrices de contraceptifs oraux combinés et une autre de 100 000 femmes sans contraception.

Le résultat le plus parlant concerne les protections menstruelles. Le modèle estime leur utilisation annuelle à 344,8 serviettes avec un DIU au cuivre, 180 avec la pilule combinée, 127 avec un DIU hormonal et seulement 89,7 avec un implant. Chez les femmes sans contraception, l’estimation atteint 325 serviettes par an.

Entre l’implant et le DIU au cuivre, la différence atteint donc environ 255 protections sur une année. Cette variation s’explique dans le modèle par les différences de saignements menstruels associées aux différentes méthodes. Avec certaines contraceptions hormonales de longue durée, les saignements peuvent devenir moins fréquents ou disparaître pendant certaines périodes.

Le stérilet au cuivre offre pourtant un avantage sur un autre poste : il ne représente que 0,6 g de plastique d’emballage par utilisatrice et par an dans les calculs des chercheurs. Son emballage en carton atteint 15,7 g.

La pilule génère davantage d'emballages dans ce modèle

Les contraceptifs oraux combinés se distinguent davantage du côté des emballages. Les auteurs estiment leur production annuelle à 72 g de carton et 26,4 g de plastique par utilisatrice.

Le DIU hormonal atteint pour sa part 13,8 g de carton et 6,9 g de plastique par an. Pour l’implant, les estimations s’élèvent à 25,7 g de carton et 28,3 g de plastique. Sa consommation estimée de protections menstruelles reste malgré tout la plus basse parmi les méthodes comparées, avec 89,7 serviettes par an.

Les auteurs associent donc les contraceptions hormonales de longue durée étudiées à une empreinte annuelle de déchets plus faible que celle calculée pour la pilule, le DIU au cuivre ou l’absence de contraception. Une partie de l’écart ne vient pas directement du contraceptif lui-même, mais de la réduction estimée du nombre de protections menstruelles jetables.

Les chercheurs calculent qu’une serviette hygiénique jetable représente environ 0,029 kg d’équivalent CO2 sur l’ensemble de son cycle de vie. Ils rappellent aussi que ces produits contiennent notamment du polyéthylène, du polypropylène, de la cellulose et des polymères superabsorbants.

Des estimations qui ne doivent pas guider seules le choix d'une contraception

Ces chiffres ont une limite majeure : ils proviennent d’un modèle, pas du comptage réel des poubelles de chaque utilisatrice. Pour effectuer leurs calculs, les chercheurs ont supposé que les femmes utilisaient uniquement des serviettes hygiéniques. Les tampons, cups, culottes menstruelles et protections lavables ne sont pas intégrés à cette estimation.

Le modèle simplifie également fortement les variations individuelles des règles. L’âge, le nombre de grossesses antérieures, l’indice de masse corporelle ou encore les différences individuelles de saignement ne peuvent pas tous être pris en compte. Les auteurs évaluent eux-mêmes la précision de cette partie du modèle à environ ±20 %.

L’étude ne constitue pas non plus une analyse complète du cycle de vie des contraceptifs. Elle laisse notamment de côté les coûts environnementaux liés à leur fabrication et l’éventuel impact environnemental des substances hormonales.

Les auteurs insistent enfin sur le fait que les contraceptions de longue durée ne doivent pas être promues avant tout dans le but de réduire les déchets. Le choix d’une méthode doit rester fondé sur les besoins reproductifs individuels, le consentement éclairé et l’accompagnement médical.

2026-10-03T19:39:00Z